mardi 3 mai 2011

Je racisme, tu racismes, il ou elle ...


Ça serait bien de réfléchir sur la définition du mot "racisme".

Il me semble que Didier Goux a raison, sur ce sujet.

Il me semble qu'il y a des ayatollahs de l'anti-racisme.
Une police de la pensée.

Et c'est là où je cale : est ce que l'on doit traquer des "pensées racistes" ? quand alors doit on s'arrêter de penser pour ne pas être raciste ? Est ce que le racisme commence à la pensée ?

A mon sens, on ne peut pas vivre dans une société qui définit le racisme dès la pensée. On ne s'en sortira pas. On va devenir fous.
Il faut séparer la pensée des actes.
Confondre la pensée et l'acte, en matière de racisme, c'est prendre l'intention pour la commission.

Ne relevons pas l'infraction de la pensée, ne verbalisons pas le discours.
Jugeons sur acte.
Lorsqu'on est juge.


(billet dédié à Dorham et à Manu, avec une pensée pour Nicolas, parce que je n'ai pas eu le temps de commenter son billet du 1ier mai, qu'il en avait déjà pondu 10 autres)

Crédit photo : August Sander, bohémians, 1925.

7 commentaires:

mtislav a dit…

Le racisme commence avec un certain quota de pensées. Souvent très peu...

Pascal a théorisé l'idée inverse, "la direction d'intention". Ce qui compte, c'est l'intention dans laquelle on accomplit un acte.

Nicolas a dit…

Ben si tu donnes raison à Didier Goux sur ce coup là, moi aussi...

corto74 a dit…

Bonjour,
Si je peux me permettre c'est exactement ce qui se fait aux USA, pays de la liberté à tous crins. Ils ne jugent jamais sur les discours. On peut ainsi traiter, par exemple, OBAMA de satan ou de nègre, sans ne rien risquer juridiquement. Seuls effectivement, les actes sont pris en compte et jugés.

Suzanne a dit…

"on va devenir fous"
On l'est déjà un peu.
La remarque de Mtislav me plonge dans les romans de Kundera. Il y a toujours trois hommes qui vous guettent et vous emmènent dans un bureau, où on vous sort une lettre que vous avez écrite il y a dix ans, un enregistrement des paroles que vous avez prononcées avec un petit coup dans le nez. Vous avez dit des milliards de mots dans votre vie, vous avez été bénévole pendant vingt ans pour entraîner l'équipe de basket junior, où il y a plus de noirs que de blancs, mais un jour vous avez dit un lambeau de phrase, une blague, quelque chose d'idiot, une observation née de votre quotidien, et voilà que la milice vous chope...
Et quand vous n'avez rien dit, on vous accuse de le sous-entendre, de le supposer, de le penser.
Un quota de pensées racistes... brrrr... (ça me fiche la trouille, de lire des choses comme ça)

Dorham a dit…

En fait, je suis un peu d'accord avec Mtislav, l'intention est importante, quand même. Ce qui est certain, c'est que l'anti-racisme est devenu un système. Et un système récupéré. Une fois ce fait énoncé, je constate tout de même que cela permet à certains de nier toute forme de racisme dans la société française ou tout dysfonctionnement lié au racisme. Ce qui permet, à peu de frais, de nous faire croire que les immigrés sont forcément (et entièrement) responsables de leur sort. C'est de la dé-victimisation. Bref, le contrepied exact et guère plus subtil de l'anti-racisme. Or, il y a bien des problèmes de racisme en France, simplement, on pourrait en effet commencer par travailler à en amoindrir les effets (ce qui est peu ou très mal fait) plutôt que de jouer à la police de la pensée.

Si l'on en est à se demander si un propos est raciste ou non, je crois qu'il faut aussi considérer l'individu qui le profère. En l'espèce, oui, la personne est importante. Cela va de soi que Laurent Blanc n'est pas un immonde raciste qu'il faut à tout prix empêcher de nuire. Donc, c'est déclencher une tempête dans un verre d'eau.

Ce que je trouve choquant dans les dernières interventions de Thuram par exemple, à propos de "l'affaire" (cela s'inscrit dans la continuité d'anciens propos), c'est qu'il a l'air de considérer que l'homme blanc est à l'évidence dans l'ignorance et qu'il convient de "l'éduquer". D'une certaine manière, pour lui, nous sommes tous "ataviquement" les descendants des maîtres d'esclave. Et cela, of course, ce n'est pas du racisme, hein...

Bref, à Thuram, j'ai un peu envie de lui dire merde. N'est pas Malcolm X qui veut, cher Lilian.

J'ai aussi lu ces propos de Noah (je précise ici que je n'en puis plus des avis autorisés des expatriés (je pense aussi à certains commentateurs de chez Didier : qu'ils s'occupent de l'endroit où ils crèchent, ces pauvres connards)) :

«J'ai toujours pensé que ces choses existaient, a-t-il confié. Ca existe dans les clubs, ça existe dans les ligues, ça existe à la Fédération. (NDD (note de Dorham) - je précise que comme je l'ai dans l'article, le foot a été le premier à intégrer les populations immigrées, c'est un procès très opportuniste que fait là Noah)) Mais qu'est-ce qu'on fait de cette situation?». Pour Noah, l'important désormais, «c'est d'aller plus loin, d'élever un peu le débat.» «En équipe de France sur 30 joueurs, il va y avoir, allez 20 blacks, 7 beurs et 3 blancs. Mais je vois aussi qu'il n'y a quasiment aucun entraîneur black, et qu'à la fédération, il n'y a -à peu près- personne parmi les dirigeants. Forcément, à un moment, il y a un problème d'équilibre».

Je trouve cette dernière phrase ahurissante. Et pas très lucide si l'on réfléchit bien.

Dorham a dit…

Je n'avais pas lu votre commentaire, Suzanne. C'est pour cela que la considération de la personne est très importante.

mtislav a dit…

Les enregistrements de la FFF étaient assez poussiéreux . Donc, méfiez-vous, la possibilité de remonter plusieurs mois en arrière n'est pas exclue...

Il y a une phrase dans ce billet qui me semble inexacte. "Il me semble que Didier Goux a raison, sur ce sujet."

1) Didier Goux a raison sur plusieurs sujets.
2) En matière de police de la pensée, il sait de quoi il parle vu le nombre de scalps qu'il accroche à son blog.
3) Le problème, c'est que Didier se trompe aussi sur plusieurs sujets. Un peu comme nous autres qui vivons cette époque moderne.